Géographie du sport LGBT

Projet soutenu par un BQR de l'Université du Littoral Côte d'Opale

2016

Responsable scientifique : Antoine Le Blanc, Maître de Conférences en géographie, ULCO

 

Les associations sportives et les tournois sportifs LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, trans) consti-tuent un domaine peu étudié, y compris en sociolo-gie et en STAPS, et pas du tout en géographie ; pourtant, leur étude révèle des pratiques spatiales tout à fait spécifiques, de l’échelle du gymnase à l’échelle mondiale : allongement des parcours entre lieu de résidence et lieu de pratique sportive, créa-tion d’isolats territoriaux temporaires, forte structu-ration réticulaire, mise en place de marqueurs terri-toriaux symboliques… Le nombre croissant d’asso-ciations et l’échelle importante des tournois (par exemple, les Gay Games rassemblent tous les 4 ans plus de 10000 athlètes) questionnent l’absence de recherches et de données – ainsi, à notre connaissance, il n’existe aucune carte de ces réseaux et tournois.

Il s’agit donc d’étudier ces pratiques spatiales et de les analyser notamment par le prisme de la gestion du risque, à laquelle est associée l’inscription d’individus dans des espaces identitaires bien défi-nis. Les appropriations territoriales du monde sportif LGBT sont controversées en interne (tenants de l’autonomisation vs tenants de la normalisation : Liotard, 2008) et remises en cause par l’extérieur, mais leur forte réticularité et leur flexibilité leur confèrent une résilience particulière, confirmée par un développement récent de ces associations à toutes les échelles. Le projet est de mener une enquête qualitative, par entretiens, et de récupérer des données quantitatives auprès de ces associations, en France et en Europe essentiellement pour commencer, afin de mieux comprendre les parcours de ces associations et de leurs membres, leurs motivations, leurs pratiques spatiales et l’inscription de ces pratiques dans une optique de gestion des risques sociaux.

Cette approche constitue donc une nouveauté tant dans l’étude de ces associations et de ces pratiques, que sur le plan de la recherche géographique française et internationale. Le projet s’inscrit aussi dans les études de genre, domaine en fort développement, mais au sein duquel on note également la quasi absence d’étude sur le domaine sportif et en particulier sur les associations sportives LGBT.

Cette recherche exploratoire a été financée en 2016 par une Aide à la Recherche de l’Université Littoral Côte d’Opale. L’objectif est de poursuivre et d’approfondir ces travaux au cours des prochaines années, notamment en s’inscrivant dans un réseau pluridisciplinaire de chercheurs.