ENVID'îles

Evaluer les interactions entre des populations humaines qui s’installent sur les îles périphériques de Tahiti (néo-arrivants) et les écosystèmes insulaires 

Financement : Fondation de France

Dates : 2017-2020

Porteur du projet : Université de Limoges

Responsable scientifique : Nathalie Bernardie-Tahir, GEOLAB UMR 6042 CNRS Université de Limoges

Participation TVES : Caroline RUFIN-SOLER (ULCO)

Résumé :

Le projet ENVId’îles a pour but d’évaluer les interactions entre des populations humaines qui s’installent sur les îles périphériques de Tahiti (néo-arrivants) et les écosystèmes insulaires. Plus que la seule attractivité économique stricto sensu, il semblerait que la qualité de vie en milieu insulaire au sens large (et les aménités environnementales en particulier) jouent désormais un rôle grandissant, à la fois pour le développement d’activités fondées sur des ressources naturelles (dans les domaines de l’agriculture ou du tourisme notamment), et/ou comme cadre de vie. En retour, les nouvelles activités et installations générées par les néo-arrivants impactent l’environnement de diverses manières. Cet impact peut parfois s’avérer négatif, avec une atteinte portée aux écosystèmes insulaires et littoraux, la consommation excessive d’espaces naturels et/ou la production supplémentaire de déchets. A l’opposé, l’installation de nouveaux arrivants peut avoir un effet bénéfique, au travers du rôle de ces derniers dans la protection environnementale et, plus largement, dans le changement de regard et l’émergence de nouvelles représentations de la nature Inscrit dans ce contexte, le projet ENVId’îles, scindé en 5 tâches complémentaires, est basé sur une approche pluridisciplinaires et pluri-acteurs. Il associe géographes, des écologues, des économistes et des anthropologues ainsi que des acteurs non scientifiques. 

Le projet est porté par l’UMR-GEOLAB (N. Bernardie-Tahir ; coord. générale), et co-porté par l’UMR-EIO (JC Gaertner ; coord. des scientifiques et autres acteurs de Polynésie française). 

 

 

 

 

Ce projet propose d’étudier la relation particulière qui semble se nouer entre les néo-arrivants et l’environnement en Polynésie française, territoire emblématique d’une périphéricité à géométrie variable : à très petite échelle en constituant un territoire très lointain par rapport à la métropole française, et à grande échelle avec des îles polynésiennes éparpillées sur un territoire grand comme l’Europe occidentale. Il concernera plus particulièrement deux îles, Raiatea et Tahaa (Raromataï) qui sont en situation de centralité secondaire, voire de périphérie par rapport à Tahiti et/ou à la Métropole, où l’installation de néo-arrivants est significative et où elle est représentative d’une problématique environnementale spécifique. Dans un contexte local marqué par une crise économique majeure, la montée des tensions et de la précarité sociales à Papeete, l’arrivée de néo-arrivants et la perspective d’un renouveau démographique et économique fondé sur des ressources ou aménités environnementales dans les îles polynésiennes représente un enjeu de taille. Trois objectifs : (i) La place de l’environnement insulaire dans les projets d’installation. Mettre en évidence la place que revêt l’environnement préservé et/ou idéalisé, comme ressource ou comme aménité, dans le projet de vie personnel et professionnel des nouveaux arrivants. (ii) L’environnement littoral insulaire impacté par les néo-arrivants. Analyser l’incidence de l’installation et des pratiques domestiques et professionnelles des néo-arrivants sur l’environnement, et mesurer l’impact positif et négatif de celles-ci sur les écosystèmes, la consommation des ressources ou l’évolution des paysages et des représentations de la nature. (iii) Nouveaux arrivants et enjeux de développement durable dans les îles. Cet axe permettra d’évaluer l’enjeu économique, politique, social et culturel que représente, en contexte de crise, l’installation de nouveaux arrivants, par bien des égards considérés comme les leviers potentiels d’un renouveau du développement insulaire local.