Soutenances

2018

Yoko TANIGUCHI, Doctorante ULille - Soutenance thèse

Titre : Les enjeux de gouvernance territoriale face à l’innovation sociale et numérique : les exemples de Brest et de Lille.

Date et lieu de la soutenance : Mercredi 19 décembre 2018 - 14h00 à l’Université de Lille - Lilliad - amphi B - Campus Cité Scientifique à Villeneuve d'Ascq.

sous la direction de Didier PARIS (Université de Lille) et Éric GLON (Université de Lille)

RESUME : Dans le contexte de la mise en cause d’un modèle de développement territorial exogène, l’innovation sociale territoriale est un sujet qui attire l’attention tant des chercheurs que des professionnels du développement territorial. Selon nous, l’innovation sociale territoriale renvoie à la transformation de la gouvernance territoriale en faveur de la capacitation des initiatives citoyennes. Si l’innovation sociale territoriale se produit le plus souvent de manière spontanée, le débat central aujourd’hui est de modéliser ses processus et d’établir une méthodologie de transformation territoriale afin de pouvoir produire cette innovation de manière proactive. Notre thèse réalisée en contrat CIFRE au sein du cabinet de conseil Le Cinquième Pôle, s’inscrit dans ces réflexions autour de la production des stratégies et des outils d’innovation sociale territoriale. La thèse se focalise sur deux éléments : d’une part, l’analyse des processus de l’innovation sociale territoriale et d’autre part, l’évaluation du potentiel du web social pour favoriser la dynamique de transformation.  Après avoir identifié que l’action collective entre acteurs locaux est un levier prépondérant de l’innovation sociale territoriale, nous avons analysé le rôle du web social dans l’émergence de communautés locales de porteurs d’initiatives citoyennes à l’aide de deux études de cas : le collectif Catalyst à Lille et le service numérique de la Ville de Brest. De nombreux apports du web social ont été révélés : maintien des liens faibles, partage des ressources, sensibilisation et éducation des acteurs, co-création des connaissances etc. Néanmoins, persistent les défis que sont la difficulté d’appropriation des outils numériques ainsi que le manque de culture ou habitudes de collaboration.

Elodie CASTEX, Maître de conférences à ULILLE - Soutenance HDR (Habilitation à diriger des recherches)

Titre : "Des marges des transports à la mobilité dans les marges. Enjeux et perspectives pour l'aménagement et l'urbanisme"

Date et lieu de la soutenance : Vendredi 7 décembre 2018 à l'Université de Rennes 2 - Maison des sciences de l'Homme en Bretagne (MSHB)

RESUME : L'essai inédit de ce dossier d'Habilitation à Diriger des Recherches propose de revenir sur les évolutions des mobilités aux marges des systèmes de transport (de leurs origines à nos jours) et sur celle de leur diffusion dans les territoires à travers le concept de marge pour réinterroger ce qui fait la norme. Être à la marge du système de mobilité est une opportunité, permet un développement dans un espace de liberté et d'innovation, autorisant ainsi à de nouveaux acteurs d'émerger et de proposer de nouvelles solutions de mobilité. Mais être à la marge c'est également être constamment sur la sellette et dans un système qui se recompose en permanence, la question de sa pérennité peut être posée. Le covoiturage, l'autopartage, le transport à la demande, mais également les véhicules en libre service ou encore électriques sont actuellement au cœur des politiques qui accompagnent la transition énergétique des territoires. Ces mobilités, partagées pour certaines, actives ou électrifiées pour d'autres, bénéficient désormais d'une plus grande médiatisation et également d'un portage plus fort de la part des acteurs publics. Pourtant, il n'en a pas toujours été ainsi. Aux marges du système de transport, ces mobilités ont pendant longtemps été délaissées et mises de coté par les professionnels du secteur du transport public, avant de connaitre un essor, une diffusion et un soutien par les acteurs publics. Caractérisées par de faibles parts modales, des flux diffus dans les territoires, ces mobilités ont pendant longtemps été ignorées, car difficiles à appréhender et à mesurer. Les résultats présentés et la réflexion initiée dans le cadre ce dossier d'HDR visent à éclairer les débats tout en se projetant vers l'avenir dans le cadre d'un exercice prospectif.

Mots clés : Mobilités, autopartage, covoiturage, véhicules en libres services, électromobilité, territoires, transport à la demande, marges.

Nicolas VERLYNDE, Doctorant ULCO - Soutenance de Thèse
Titre : De la perception du risque d’inondation aux propositions d’adaptation en territoire de côtes basses densément peuplées : le cas de la communauté urbaine de Dunkerque

Date et lieu de la soutenance :  Vendredi 23 novembre 2018 à 13h45 -  MREI / amphi 15 avenue Robert Schumann à Dunkerque

sous la direction de Hervé FLANQUART et Antoine LE BLANC (ULCO)

RESUME : L’inondation est l’un des principaux risques d’origine naturelle dans le monde. Face à ce risque amplifié par le changement climatique, penser les stratégies de gestion est devenu fondamental, particulièrement sur les côtes basses. La perception du risque, notion complexe renvoyant à des aspects cognitifs, sociaux, économiques et environnementaux, constitue un réel apport pour révéler les points de vulnérabilité des populations. Cette thèse porte sur l’analyse de la perception du risque d’inondation de la population de la communauté urbaine de Dunkerque. Sur ce territoire, situé sur une côte basse densément peuplée, urbanisée et historiquement concernée par l’inondation, une large enquête de perception a été menée auprès des habitants et des acteurs de la gestion du risque. Le but était de mesurer leur perception du risque d’inondation et de mettre en évidence les différents facteurs qui l’influencent. L’enquête a été menée selon une méthodologie se situant à la croisée de plusieurs disciplines (géographie, sociologie, psychosociologie et économie). Les résultats mettent en évidence, dans la population : (1) une perception dissonante du risque d’inondation et une faible préoccupation à son sujet ; (2) des représentations spatiales du risque très différentes des officielles ; (3) l’influence de la perception du risque sur le consentement à payer pour s’en prémunir. Cette thèse fournit un apport pour les sciences cindyniques et la géographie des risques. Elle propose des adaptations pour diminuer la vulnérabilité de ces habitants face aux inondations.

Mots clefs : risque ; perception ; changement climatique ; inondation ; côtes basses ; adaptation ; résilience ; vulnérabilité

Charlotte CHARPENTIER, Doctorante ULille - Soutenance de Thèse
Titre : Formes et acteurs du commerce : quel rôle dans la construction des territoires métropolitains ? Etude des cas de Lille et Marseille-Aix.

Date et lieu de la soutenance :  Mercredi 21 novembre 2018 à 14h -  Salle Pierre Bruyelle à l'UFR Géographie et Aménagement –  Campus Cité Scientifique - Avenue Paul Langevin - 59655 Villeneuve d'Ascq Cedex

sous la direction de Didier PARIS (Université de Lille) et Nathalie LEMARCHAND (Université Paris 8)

RESUME : Ce travail de thèse part du constat de plusieurs mutations actuellement à l’œuvre. D’une part, le territoire métropolitain semble s’affirmer comme l’échelle de référence pour la définition des stratégies de développement urbain. Un des principaux éléments de définition de ce territoire est sa dimension polycentrique, avec l’émergence de nouvelles centralités dans les espaces dits périphériques, dont le statut pourrait alors évoluer. D’autre part, le commerce connait également un grand nombre de mutations suite à l’évolution des modes de vie et de consommation. De nouvelles formes de commerces apparaissent (drives, commerces éphémères, showrooms…), la notion de proximité évolue, et les grands formats emblématiques de la grande distribution (centre commercial, zone commerciale) s’interrogent sur leur avenir. Partant du principe que le commerce peut servir de révélateur, mais également de moteur au développement du territoire, nous avons donc cherché à comprendre dans quelle mesure le commerce, et plus particulièrement les grands formats de la grande distribution, pouvait à la fois jouer un rôle dans l’émergence de nouvelles centralités, mais aussi impacter la centralité de centre-ville. Il nous est apparu qu’une des principales conditions à la (re)création de centralités à partir du commerce réside dans les relations entre acteurs publics et privés du commerce et de la ville qui, par leurs décisions et leurs interactions, contribuent à définir le rôle de l’équipement commercial dans le système urbain métropolitain.  Or les jeux d’acteurs semblent évoluer vers une plus grande complexité, mais aussi une meilleure coopération entre acteurs publics et du commerce. Les observations effectuées sur nos deux territoires d’études nous amènent à proposer la notion d’ « urbanisme intégré » comme clé de lecture des nouveaux modes de gouvernance qui semblent se mettre en place autour de la question de l’urbanisme commercial aussi bien au niveau stratégique qu’opérationnel.

Antoine LE BLANC, Maître de conférences à l'ULCO - Soutenance HDR (Habilitation à diriger des recherches)

Titre : "Les territoires rassurants"

Date et lieu de la soutenance : Vendredi 9 novembre 2018 à 13h - Maison de la recherche en environnement industriel 145 avenue Maurice Schumann 59140 Dunkerque

RESUME : Les villes se fabriquent et évoluent constamment en fonction de risques moins historicisés que les catastrophes majeures, mais tout autant créateurs d’identités, de communautés, et d’espaces liés à ces identités, délimitant des territoires où ces groupes sociaux se sentent en sécurité : des territoires rassurants. Ces territoires rassurants, d’une grande variété, sont issus de formes diverses d’action politique, institutionnelle ou non ; ils procèdent d’une volonté plus ou moins formelle de gestion des risques. La constitution de territoires rassurants est-elle facteur de résilience, ou bien est-elle synonyme de fragmentation urbaine et de risques amplifiés ? Comment gérer l’intrication complexe des territoires rassurants, étant donnés que ceux-ci varient en fonction des différents risques, et en fonction de la perception de ces risques par différents groupes sociaux ? Cette Habilitation étudie particulièrement le cas du sport gay et lesbien : des individus soumis à risque social créent des espaces sécurisés et bienveillants pour pratiquer un sport, et ainsi façonner des identités de groupe. Le prisme de la résilience permet d’identifier ces processus complexes dans des villes qui se reconstruisent sans cesse sur elles-mêmes, associant une multiplicité de zones, de réseaux, d’acteurs, face à des risques que les habitants perçoivent diversement. Il repose sur des processus de connaissance et de coordination entre acteurs, et pose la question des échelles de la ville. L’exemple du sport gay et lesbien montre que lorsque cette complexité est assumée, et que la gouvernance urbaine propose des espaces rassurants adaptés à divers groupes sociaux, diverses communautés, la ville dans son ensemble devient plus résiliente. C’est la subtile dialectique d’ouverture et de fermeture de ces territoires à différentes échelles qui permet la mise en place de pratiques et de ressentis fondant les territoires rassurants et améliorant la gestion des risques urbains. La première partie de ce volume d’Habilitation est mise en perspective par une seconde partie plus personnelle, réflexive, et symétrique de la première, qui vise à proposer un certain recul méthodologique tout en élargissant les horizons de recherches potentielles à venir.

Etienne VERKINDT, Doctorant ULille - Soutenance de Thèse
Titre : Le paysage de mémoire, un des héritages de la Première Guerre mondiale dans le nord de la France. L’exemple des initiatives des collectivités territoriales.

Date et lieu de la soutenance : Vendredi 28 septembre 2018 à 14h - amphi Appert à Polytech'Lille - Campus Cité Scientifique - Avenue Paul Langevin - 59655 Villeneuve d'Ascq Cedex

sous la direction d'Eric Glon et Patrick Picouet (Université de Lille).

RESUME : Que reste-t-il de la Première Guerre mondiale cent ans après le conflit? De nombreuses traces (cimetières, tranchées, fortifications et autres monuments), de nombreux témoignages prenant des formes diverses (témoignages d'anciens combattants ou de civils, romans, carnets militaires, peintures, chansons...) révèlent une histoire qui a bouleversé le monde. Aujourd'hui, de nombreux projets tendent à faciliter l'accès à cette histoire, projets que le centenaire du conflit a fortement relancés, réactivant par la même occasion la mémoire collective de ce dernier. Le concept de paysage de mémoire permet de rendre compte de la dimension géographique de la mémoire. D'abord, parce que le paysage tel que nous le voyons aujourd'hui nous révèle un pan de notre histoire et nous inscrit dans cette histoire. Il est l'ultime témoin vivant de la Grande Guerre. Ensuite, parce que les pratiques mémorielles contemporaines, et notamment celles des collectivités territoriales, sont étroitement liées aux expériences pratiques du paysage. Ces pratiques sont plurielles, elles sont à la fois patrimoniales, culturelles, touristiques et en tout état de cause territoriales. Elles posent nécessairement la question de l’intérêt du concept de paysage de mémoire dans sa dimension théorique et opérationnelle.

Danielle LAPORT, Soutenance HDR (Habilitation à diriger des recherches)

Titre : "La transaction sociale, source de renouvellement de l'analyse du sens et des modes d'action dans les rapports de et au travail. Le cas de la Martinique, un territoire en contexte insulaire postcolonial".

Date et lieu de la soutenance : Mercredi 6 juin 2018  - Maison de la recherche et des sciences de l'Homme  à Dunkerque

RESUME : Que peut donc donner à lire, à analyser et à comprendre une sociologie du travail « insulaire postcoloniale » prenant appui sur la Martinique, département français en 1946, qui soit si différente des autres territoires français ? La question du travail dans la société martiniquaise mérite une attention particulière, car elle est un véritable traceur de l’histoire sociologique et anthropologique de la Martinique. Le statut d’institution du travail qui débute dans la violence et la déshumanisation absolue crée un paradoxe qui traverse la société martiniquaise, mais également la société guadeloupéenne, à savoir celui d’une société moderne éloignée temporellement de l’esclavage depuis 1848 et qui face à chaque problème dans le monde du travail convoque l’esclavage. Comment peut-on expliquer que la Martinique, à l’instar de la Guadeloupe, ne soit pas parvenue à dépasser ce moment douloureux de la formation de ces sociétés qui ressurgit avec fracas lors des mouvements sociaux et les radicalise ? Les travaux menés par les sociologues en Martinique analysent les faits en tirant des enseignements qui ne permettent pas de modifier les termes de l’échange social. Très souvent ces enseignements souffrent d’un atavisme car les analyses restent figées dans les figures de l’histoire doloriste. Il m’est apparu très vite nécessaire d’utiliser un autre cadre d’analyse, car le fonctionnalisme, le déterminisme et l’approche systémique fréquemment utilisés pour comprendre et analyser la société martiniquaise n’amènent pas à tirer les enseignements susceptibles de contribuer à transformer les conditions du mieux-vivre. Sans faire de la transaction sociale le graal en matière d’analyse scientifique des sociétés, la transaction sociale mérite une attention particulière au regard des conditions de sa survenance comme nouveau paradigme méthodologique convoquant notamment Simmel dont les grands principes théoriques divergent de ceux de Durkheim, son contemporain. La transaction sociale n’est pas en rupture avec les autres théories ; elle s’applique à identifier dans chacune d’elles des concepts qui peuvent être mis en relation, pour les mettre en dialectique afin d’en faire une unité de sens plus en adéquation avec le réel et les pratiques, dans une perspective de transformation globale. Loin de s’inscrire dans une approche œcuménique des théories, elle préconise l’analyse des pratiques en intégrant les concepts qui traduisent le réel dans toute sa complexité. En quoi cette démarche d’analyse belge peut-elle donc faire sens pour la société martiniquaise ?

Mots clés : Travail – Relations sociales – Conflit social - Insularité – Société postcoloniale – Transaction sociale – Compromis.

Jonathan GAQUERE, Doctorant ULille - Soutenance de Thèse

Titre : Les natures du parc Tiergarten de Berlin

Date et lieu de la soutenance : Mercredi 21 mars 2018 à 13h30 - amphi Appert à Polytech'Lille - Campus Cité Scientifique - Avenue Paul Langevin - 59655 Villeneuve d'Ascq Cedex

Sous la direction de Patrick Picouet et Jérôme Vaillant (Université de Lille)

Jury : Patrick Picouet, Jérôme Vaillant, Nathalie Cattant, Olivier Lazzarotti, Marianne Blidon, Boris Grésillon

RESUME : Dans cette thèse de géographie consacrée aux « natures du Tiergarten de Berlin », Jonathan Gaquère propose une réflexion inspirée des travaux de recherche de Bruno Latour (plurinaturalisme) et d’Ingo Kowarik (Stadtnatur). En distinguant des natures baroque, paysagère et environnementale, il montre comment le parc Tiergarten est constitué de natures héritées. Ces natures héritées sont fortement impactées par la métropolité événementielle de la rue du 17 juin. Au sein de ce parc, cette métropolité s’exprime par la nature mémorielle des lieux de la « mémoire négative » allemande (M. Tambarin) et par la nature-refuge des sans-abris. Cette réflexion géographique s’achève par une analyse des espaces de drague nuançant fortement les précédentes études menées sur ce sujet et envisageant un « droit à la nature ».